On nous parle régulièrement d’artificialisation des sols et de l’urgence de la réduire. La France s’est d’ailleurs engagée vers un objectif ambitieux : le Zéro Artificialisation Nette (ZAN) d’ici 2050.
Il est évident que la construction – qu’il s’agisse de logements, de zones commerciales ou d’usines – requiert l’artificialisation de certains espaces. Mais, pour rendre cette réalité plus palpable, prenons un moment pour visualiser l’ampleur de ce phénomène.
Essayez d’imaginer combien de m² sont artificialisés chaque jour en France. En avez-vous une idée ?
La réponse est stupéfiante : sur les 10 dernières années, ce sont en moyenne 657 500 m² de terrains qui sont artificialisés quotidiennement en France.
Pour mieux saisir cette donnée, comparons-la à quelque chose de plus familier. Cette surface équivaut à environ 1105 terrains de tennis chaque jour, soit 46 terrains de tennis chaque heure, et ce, 24h/24, 7j/7. C’est énorme !
Personnellement, je n’aurais jamais imaginé un tel chiffre, et ce, uniquement pour la France. Et vous, qu’en pensez-vous ? (Partagez vos réactions dans les commentaires.)
Avant d’aller plus loin, revenons déjà sur ce que signifie l’artificialisation.
L’artificialisation est définie dans l’article 192 de la loi Climat et résilience comme « l’altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol« .
L’artificialisation des sols a des conséquences écologiques majeures qui se manifestent de diverses manières :
L’artificialisation des sols ne se limite pas à des conséquences écologiques. Elle a également des répercussions socio-économiques notables :
La prise de conscience des impacts de l’artificialisation des sols n’a pas échappé à nos dirigeants. En réponse à cette préoccupation grandissante, la France a inscrit dans la loi Climat et résilience d’août 2021 un objectif ambitieux : atteindre le « zéro artificialisation nette des sols » d’ici 2050.
Ce concept de ZAN repose sur une idée simple : équilibrer le rythme d’artificialisation des sols avec celui de leur renaturation. En d’autres termes, pour chaque parcelle de terrain transformée en zone urbanisée ou bâtie, une surface équivalente doit être restaurée à son état naturel ou agricole.
Afin de concrétiser cette ambition, un jalon intermédiaire a été établi : réduire de moitié la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers entre 2021 et 2031, par rapport à la décennie précédente. Pour mettre ces chiffres en perspective, cela signifie passer de l’artificialisation de l’équivalent de 46 terrains de tennis chaque heure (comme mentionné dans l’introduction) à 24.
Mais la France fait-elle cavalier seul dans cette démarche ? Loin de là. L’artificialisation des sols est une préoccupation partagée à l’échelle mondiale et européenne. Plusieurs initiatives témoignent de cette volonté commune.
Tout d’abord, au niveau européen, la « feuille de route pour une Europe efficace dans l’utilisation de ses ressources« , adoptée en 2011, fixe l’objectif de « ne plus augmenter la surface nette de terres occupée » d’ici 2050.
De plus, la « stratégie européenne pour les sols 2030 » a été mise en place en 2021, et un projet de directive européenne concernant la surveillance et la santé des sols a été proposé par la Commission en juillet 2023.
Ces démarches montrent que la France, tout en étant proactive, s’inscrit dans une dynamique globale visant à préserver nos sols pour les générations futures.
Au niveau local, cela implique une planification urbaine plus réfléchie, privilégiant la densification plutôt que l’étalement.
Les collectivités sont ainsi encouragées à réhabiliter les friches industrielles ou commerciales plutôt que de consommer de nouveaux espaces.
De plus, des initiatives telles que les « ceintures vertes » ou les corridors écologiques peuvent être mises en place pour préserver et reconnecter les espaces naturels.
La trajectoire progressive vers l’absence d’artificialisation nette d’ici 2050 doit se décliner dans les documents de planification et d’urbanisme :
Tout ça est donc pour demain ! Cette trajectoire doit être conciliée avec l’objectif de soutien de la construction durable, en particulier dans les territoires où l’offre de logements et de surfaces économiques est insuffisante au regard de la demande.
Face à l’urgence de préserver nos sols tout en répondant aux besoins croissants de construction, plusieurs pistes s’offrent à nous.
L’idée maîtresse est de repenser notre approche de l’urbanisation en privilégiant la réhabilitation plutôt que la création ex nihilo.
En somme, face aux défis de l’artificialisation des sols, une approche plus intégrée et réfléchie de l’urbanisme est nécessaire. Cela passe par une meilleure utilisation des espaces déjà urbanisés et une conception plus dense et harmonieuse des nouveaux projets.
Il est indéniable que l’objectif de Zéro Artificialisation Nette est noble, surtout face aux défis écologiques majeurs de notre époque.
Cependant, la mise en œuvre de cet objectif, notamment par la densification des zones urbaines existantes, pourrait se heurter à des résistances. Le phénomène « Not In My Backyard » (NIMBY), ou « pas dans mon jardin » en français, illustre bien cette réticence des citoyens à accepter des changements dans leur environnement direct, même si ces changements sont bénéfiques à l’échelle collective.
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