Et si, contrairement à ce que vous croyez, vous n’étiez finalement pas propriétaire du bien immobilier acheté pourtant depuis plusieurs années ?
C’est la triste mésaventure arrivée à M. et Mme Bodar dans le bassin d’Arcachon en 2015. En effet, en juin 2002, pour sa retraite, le couple achète un appartement avec vue sur mer pour 163 000€.
Une dizaine d’année plus tard, ils sont contraints de rendre les clés de leur appartement qui ne leur appartenait finalement pas…
Au moment de la vente, le vendeur, agent commercial de la région d’Amiens était en situation de liquidation judiciaire depuis 1996.
Il n’avait donc pas le droit de vendre ce bien sans l’accord préalable du mandataire judiciaire. Son appartement aurait du être intégré dans la liquidation afin de pouvoir rembourser une partie de ses dettes.
En juin 2009, le liquidateur judiciaire de l’agent commercial a assigné les époux Bodar.
Il a obtenu, en première instance, puis en appel, l’annulation de la vente.
Le couple de retraité, alors considéré comme « occupant sans titre » du logement, s’est retrouvé contraint de quitter l’appartement.
Aucune indemnité ne leur a alors été versée. Tristement, le couple a assisté, impuissant, à la mise en vente de son appartement. Celui-ci sera vendu 288 000 euros alors qu’il était estimé à 430 000 euros compte tenu des travaux qu’ils y avaient réalisés.
Le vendeur étant décédé, les époux Bodar ont alors assigné le fils du vendeur ainsi que le notaire en charge de la vente litigieuse réalisée en 2002.
Le fils ayant renoncé à la succession de son père, seul le notaire sera poursuivit. Celui-ci verra sa responsabilité engagée sur le fondement de l’article 1382 (ancien) du code civil afin d’obtenir l’indemnisation de leurs préjudices.
En 2017, la justice a considéré que le notaire avait manqué à ses obligations de conseil. De nombreux indices auraient dû éveiller ses soupçons et l’amener à faire des vérifications plus poussées. Et notamment :
A l’époque de la vente, la vérification systématique de l’absence de procédure collective concernant un vendeur n’était pas obligatoire.
Cette obligation n’a été mise en oeuvre qu’à partir de juin 2009. Elle l’a été uniquement lors de l’informatisation du Bodacc et de l’ouverture du site internet bodacc.fr.
Néanmoins, compte tenu des éléments suspicieux exposés précédemment, le tribunal a jugé que le notaire aurait du vérifier les déclarations du vendeur. Ce qu’il n’a pas fait.
Le tribunal a condamné le notaire à payer 440 000 euros au couple le 23 mai 2017. Bien que le couple se serait sûrement passé de toutes ces péripéties, il y a une justice…
Alex, passionné par l’immobilier. Je partage sur ce blog les informations qui me semblent pertinentes et qui sont le fruit de mes propres interrogations, recherches et découvertes. En perpétuel apprentissage dans ce domaine, mon but est de démystifier le processus d’achat immobilier auprès du plus grand nombre.
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